destiné aux parents d'adultes autistes. témoignages, entraide.
12 Octobre 2012
- Il y a-t-il eu des difficulté pour obtenir le diagnostic de votre enfant ?
Non, le diagnostic a été posé vers 5 ans par un pédopsychiatre oralement.
- Avez vous eu suffisamment d'informations, formations de la part des pros rencontrés pour pouvoir gérer votre enfant, pour savoir quel type de prise en charge faire ?
Dès lors que j'ai refusé la prise en charge en hôpital de jour, j'ai préféré prendre de la distance avec le Centre Médico Psychologique Enfants et Adolescents (CMPEA). Le pédopsychiatre en posant son diagnostic m'avait dit que ce n'était pas étonnant vu que moi-même j'étais complètement asociale.
- Vous a-t-on empêché de le mettre à l’école, de le scolariser, pas pressions ou autres ?
Non, mais j'ai dû changer mon fils régulièrement d'école dès que les choses commençaient à devenir difficiles à gérer avec les enseignants. En 4ème, mon fils a changé de collège car il voulait faire de la pâtisserie. Les violences ont été telles qu'il m'a supplié de le retirer du collège au bout d'un mois. Plus personne ne voulait de lui. J'ai donc, sur les conseils de son ancien directeur, demandé une orientation SEGPA (classe en collège pour enfants ayant des difficultés d'apprentissage) qu'il a pu intégrer à la Toussaint. (il est resté à la maison le mois d'octobre).
Quand il était en SEGPA, tous les élèves de cette filière étaient plus ou moins maltraités par les autres collégiens.
- Avez vous eu (ou avez vous) le choix du type de prise en charge ?
Mon fils a 31 ans, il n'existait pas tellement d'alternative à l'hôpital de jour. J'ai donc repris mes études pour devenir thérapeute en psychiatrie et je me suis spécialisée en prise en charge de l'autisme. Je me suis aperçue qu'au final j'ai effectivement beaucoup de traits s'approchant du syndrome d'Asperger, mais je crois que c'est grâce à cette particularité que j'ai pu aider mon fils. J'ai toujours voulu qu'il s'intègre dans la société et donc soit scolarisé comme les autres enfants. Il a fait de la musique pendant plus de 10 ans.
- A-t-on fait pression sur vous pour que votre enfant soit sous psychotropes ?
Il y a un an, mon fils a dû entrer dans un centre de réadaptation car je ne pouvais plus gérer tout toute seule. La psychiatre qui le suivait l'a mis, au fur et à mesure que le temps passait et que mon fils devenait quelquefois un peu "difficile", sous un panel de médicaments très forts: psychotropes, antidépresseurs... J'ai demandé l'arrêt de ce traitement ce qu'elle a refusé. Donc au bout d'un an, nous avons programmé sa sortie. J'ai acheté une petite maison pas loin de chez moi, pour qu'il ait son autonomie et il y vit à présent. Attention aux organismes de curatelle. J'ai dû intervenir de manière très active (avocate, recommandés, etc...) pour obtenir la curatelle de mon fils car l'association curatrice ne faisait pas son travail et le mettait en danger. Assurances non payées et résiliées sans motif, mon fils a roulé plusieurs mois sans assurance voiture.
Personnellement ce n'est pas l'enfance qui a été la plus difficile, mais l'âge adulte. Mon fils était persuadé que les copains s'achetaient, il voulait des copains et quand des gens pas très honnêtes lui disaient oui, mais il faut payer, il le faisait (ce qui a amené ma demande de curatelle auprès du juge).
- Vous a-t-on culpabilisé sur l'autisme de votre enfant ? sur votre façon de l’éduquer ?
Oui, selon le psychiatre mon fils était autiste à cause de moi. Il avait dû trop lire Bettelheim. Je me suis sentie responsable pendant des années, encore aujourd'hui.